Bővebb ismertető
Cette anthologie, constituée d'extraits de livres traduits du hongrois, a pour unique ambition de rendre plus accessible une littérature magnifique dont l'abord peut sembler difficile aux lecteurs frangais en raison d'une langue qui leur demeure étrangére. Les thémes abordés par les auteurs ne sont pas pour autant spécifiquement hongrois, ils possédent une dimension universelle. 11 ne s'agit pas lá d'un panorama de la littérature hongroise moderne et contemporaine, mais d'un survol des ceuvres disponibles en frangais. Les classiques La nouvelle de Dezső Kosztolányi issue du recueil intitulé Le Traducteur cleptomane était désignée pour introduire ce volume. « Le Contrőleur bulgare » est d'une modernité étonnante; le dialogue entre le voyageur et l'employé du train se déploie sans que la connaissance de la langue bulgare sóit nécessaire. Par ses mimiques, ses hochements de téte, le narrateur fait monologuer son interlocuteur tour á tour hilare ou éclatant en sanglots. Son attitűdé pourrait paraitre sadique, bien au contraire, elle est á l'origine d'une scéne touchante et absurde á la fois de la comédie humaine. Ce court chef-d'ceuvre pose la question fondamentale: a-t-on besoin de connaítre la langue de son vis-á-vis pour fairé jaillir ce que cachent les replis de son áme ? La poésie d'Attila József est comme la musique de Bartók, unique et inimitable. Elle est encore mai connue: en son temps, le Parti communiste voulut forcer le masque du « poéte prolétaire » sur le visage d'Attila, tourmenté par ses origines, ses conflits avec l'orthodoxie marxiste, les pulsions ravivées par la psychanalyse, ses tendances homosexuelles dont on ose enfin parler. On trouvera ici certains de ses poémes engagés. Néanmoins, et peutétre pour la premiere fois, on lira aussi des textes du poéte de l'inconscient ayant l'intuition de sa folie et révant du cosmos, couché prés des rails du chemin de fer. Son « áme, humus fécond » est percée par une herse aux mille couteaux. II réve sous l'arbre de la Beauté, aspire á la félicité, fantasme la « femme au vaste corps d'athléte », sent flamboyer sa planéte refroidie par une nuit polaire, guette ses propres pensées en sachant que « les raisons de [son] mai sont dehors ». A-t-il tué? Est-il enterré vivant? Son cráne est en feu, et seul letre aimé pourrait l'apaiser. Sa poésie est éclatée comme Attila lui-méme, elle demeure pourtant classique dans sa métrique et dans sa forme rigoureuse, gage d'une ample cohérence.