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DES INTROUVABLES
LE VARAN DE KOMODO : EST-CE LE DRAGON DES LÉGENDES?
L'ILE de Komodo, dans l'archipel de la Sonde, n'est pas un lieu fréquenté. Montagneuse, couverte d'épaisses forets, elle n'est guere habitée que par des déportés, envoyés la en exil par les suitans du voisinage. Aussi, quand, en 1912, un aviateur égaré y atterrit sans l'avoir voulu. Il put se croire tombé dans un monde désert. Il n'y était pourtant pas seul. Tandis qu'il cherchait a s'orienter a la lisiere de ia jungle, il s'y trouva soudain face a face avec un etre d'aspect si angoissant qu'il s'en épouvanta et, aussitôt qu'il le put, reprit son vol.
Des qu'il se retrouva dans la civilisation, il commença a y propager de fantastiques récits. Bientôt amplifiés par la renommée, ils permirent de conclure a l'existence d'animaux monstrueux, rampants, gigantesques, au corps écailleux, long de 7, 8 metres, ou plus, féroces, capables d'engloutir des proies aussi grosses qu'un cheval ou qu'un buffle, et bien entendu qu'un homme, si l'occasion s'en présentait.
A la recherche du nnonstre.
D'Abord sceptique, l'opinion publique fmit par s'émouvoir. Meme dans les milieux scientifiques, il n'y eut pas que des incrédules. Un gouverneur hollandais de l'Ile de Flores, Van Hensbroeit, n'hésita pas a ouvrir une enquete. Il n'entendait pas parler pour la premiere fois de ces etres surprenants. Des exploitants de pecheries perlieres avaient 32 témoigné de leur réalité. L'un d'eux
On parlait d'un dra-^^ ¦gon de 7 metres ^^ .de long. On disait^,. ¦ encore qu'il avalait > un buffle d'uncoupi^ de gueule. En réa--"-lité, c'est le plus^^ ; grand des lézards ^ metres de long.^,.
s'était vanté d'avoir abattu de sa main un de ces dragons, long de 7 metres. Il se chargeait d'en procurer d'autres, si on lui en laissait le temps.
On lui en laissa le temps, et bien d'autres avantages, mis généreusement a sa disposition. Cependant, ses recherches demeurerentvaines Le gouverneur finit par se décider a aiier, en personne, y voir de plus pres.
Apres beaucoup d'efforts et de péripéties, il réussit a se procurer, par l'intermédiaire des indigenes, une peau d'environ 2 metres, mais qui lui parut cependant assez digne d'intéret pour etre soumise a l'examen d'un spécialiste : Ouwens, directeur du célebre Jardin botanique de Buitengorg.
Celui-ci n'hésita pas a déclarer que c'était la une fameuse découverte, car II s'agissait bien d'un? espece jusqu'alors inconnue. Seulement une espece, d'ailleurs. Elle appartenait a un genre depuis longtemps catalogué, celui des Va-
rans, groupe isolé de la grande famille des lézards, remarquables surtout par leurs dimensions : Monitors, Varan du Nil, d'Australie, d'Indochine, etc., qui atteignent parfois 2 metres. C'était la taille du spécimen envoyé. Mais il se distinguait par des caracteres qui n'appartenaient qu'a lui seul. En outre, on devait bientôt apprendre que ses dimensions moyennes pouvaient etre sensiblement augmentées et, en fin de compte, faire de lui le plus grand de tous les lézards vivants.
Un impressionnant spectacle. Aujourd'hui, le dragon de Komodo n'appartient plus a la fable, mais a la réalité.
Dans l'ensemble, il y gagne I Sans doute a-t-ll fallu réduire sensiblement ies dimensions colossales que l'imagination lui avait attribuées. Le plus grand spécimen décrit jusqu'a présent par des observateurs non suspects serait long de 4 metres. Mais ce record n'a pas été homologué officiellement, et les exemplaires contrôlés par des spécialistes ne dépassent pas de beaucoup 3 metres ; encore s'agit-ll de mâles, les femelles étant toujours plus petites. Quoi qu'il en soit, cette taille est encore fort belle pour un lézard et ne laisse pas d'impressionner ie spectateur mis en présence de l'animal.
C'est, du moins, le sentiment personnel que j'ai éprouvé quand, avant la guerre, j'ai eu l'occasion d'admirer pour la premiere fois, au Zoo de Londres, l'étonnant pensionnaire qui y figurait a ce moment. Le