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ÉCHEC AUX ARMÉES BLINDÉES
La douloureuse défaite subie par Red Cloud avait été suivie d'une treve forcée, correspondant avec la fameuse entrevue de Medecine Lodge ou ii avait été solennellement convenu que les bisons ne seraient plus chassés par les Blancs au sud de l'Arkan-sas.
Bien entendu, l'accord avait été presque aussitôt violé. Les Indiens, indignés, avaient repris l'offensive, brulant notamment le Fort Kearny, d'ou étaient sorties les « armes ensorcelées ». Mais ces armes allaient désormais réapparaître a toute occasion, abattant les guerriers par centaines, mais non leur courage indompté.
Un jour de l'automne 1868, un escadron de cavalerie, aux ordres du Major George Alexander Forsyth, traversait ta plaine quelque part a l'est du Colorado, lorsque la proximité d'un gué de la Republican River l'engagea a y baigner ses chevaux.
Tandis que les betes se reposaient, elles furent aperçues par une bande de Sioux et leur chef, Roman Nose. L'occasion était trop belle pour ne pas en profiter. A grand renfort de sifflets, de crécelles, de tam-tam et de clameurs, les Indiens se précipiterent pour provoquer une panique, selon leur méthode habituelle. Aussitôt pour ne pas exposer ses hommes surpris en terrain découvert, Forsyth les fit battre en retraite sur un petit îlot qui se trouvait la et ouvrit le feu, en tirant parti des moindres abris naturels.
Si promptement que l'ordre eut été exécuté, les fleches des assaillants avaient eu le temps de faire des victimes. Le médecin-major de l'escadron avait été frappé le premier, un jeune lieutenant, plusieurs hommes étaient tombés. Forsyth lui-meme avait reçu trois blessures. Tout en pansant ses plaies, il donna l'ordre de faire feu, sans discontinuer. Ce feu, c'était une nouvelle fois les carabines a répétition qui le déversaient. L'avantage des chances revenait aux assiégés.
Assiégés dans une île.
Les deux camps firent preuve d'un égal héroisme. Certes, les Winchester donnaient aux Blancs une grande suoériorité. Mais leurs
munitions n'étaient pas inépuisables et les tireurs n'étaient qu'un petit nombre. Une défaillance, une lassitude, menaçaient de leur etre fatales. Ils n'avaient pas la protection des blindages mais seulement celle des chevaux tués. Ils devaient tenir jusqu'au bout.
D'autre part, malgré des pertes terribles, les Indiens renouvelaient charge sur charge, sans tenir compte de ceux qui tombaient.
Finalement, la victoire ne pouvait appartenir qu'a celui qui durerait le plus longtemps.
Quand vint la nuit. Forsyth avait perdu un quart de son effectif, Il ne pouvait etre question de tenter une sortie. L'îiot était cerné de tous côtés. Mais, a la faveur de l'obscurité, deux hommes accepterent la dangereuse mission de se glisser entre les rangs des Indiens pour chercher des secours. Ceux-ci ne pouvaient venir que du Fort Wallace, a 100 milles de la. Et les deux volontaires ne pouvaient évidemment s'échapper qu'a pied en rampant.
A l'aube, le combat reprit. Il dura pendant cinq jours!
Les soldats ne pouvaient se nourrir que de la chair putréfiée des chevaux morts. Les blessures de Fors/th s'étaient gangrénés. H-semblait perdu, et les autres blessés avec lui.
Ce fut une voiture d'ambulance qui annonça l'arrivée des forces venues du Fort. Elles étaient considérables et conduites par le colonel Carpenter, auquel s'adjoignit le 5'- de cavalerie, du général Carr, et des chariots blindés en double colonne, avec l'armement le plus moderne La bataille qui s'engagea n'en dura pas moins huit heures, ou les Indiens subirent des pertes considérables avant d'etre repoussés.
Quand Carpenter rejoignit Forsyth, il trouva son compagnon d'armes tranquillement assis, son rifle sur les genoux et son revolver a portée de la main, lisant un roman de Dickens, et consumé de fievre, Il lui fallut subir quatre jours d'infernales tortures dans un chariot cahotant pour arriver au fort. Le chirurgien voulait l'amputer immédiatement. Il refusa Et mit ensuite deux innées a çuérirl
Les chefs célebres apparaissent.
Mais tout cela n'était qu'un épisode, parmi beaucoup d'autres, car la guerre continuait avec la meme ardeur, faisant paraître en scene des noms nouveaux, qui n'allaient pas tarder a acquérir une retentissante et dramatique renommée.
Bien que déja connu de ses contemporains, nous citons ici. pour la premiere fois, celui de Georges Custer et de son fameux 7« régiment de cavalerie, qui n'était pourtant alors qu'aux débuts de sa réputation et, pourrait-on meme dire, de sa légende. En l'hiver de 1868, avec l'aide de quatre compagnies d'infanterie et du 19" Volontaires du Kansas, l'officier, qui n'était encore que lieutenant-colonel. était tombé par surprise sur les Cheyennes de Black Kettle et leur avait fait subir de grandes pertes, dont celle de leur chef.
Mais le reste des Cheyennes. soutenus par une bande d'Apaches nomades, des Arapahos. et surtout les Kiov/ays de Santana (un autre «terrible»!) avaient contre-attaqué. Il s'en était fallu de peu qu'ils fussent définitivement vainqueurs. Mais des secours étaient arrivés juste a propos. Custer se vengea en brulant un village et mitraillant des chevaux.
La guerre va devenir de plus en plus âpre, acharnée. Des forces considérables sont mobilisées. Trois expéditions sont lancées simultanément. L'une, partie du Montana, marche vers l'est. L'autre, venu du Né-braska méridional, se dirige vers le Nord. La troisieme, constituée au fort Lincoln, s'élance droit vers l'Ouest.
Le but de cette triple offensive ? Encercler la vallée de Big Horn, ou sont concentrés les Sioux de deux chefs redoutés entre tous : Crazy Horse, et Sitting Bull Or. les trois attaques échouent! Seule, l'armée du général Reynolds réussit un moment a occuper un village, mais s'enfuit en sordide déroute quand les Indiens contre-attaquent
Plusieurs années s'écouleront avant que se retrouvent face a face ces personnages de premier rang.
SACHEM AU SCALP BLANC.
La semaine prochaine : TATANKA YOTANKA