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ALA BEGHEIOIE DES INTROUVABLESLE TUATERA1062.UN CYCLOPE DANS LE PACIFIQUEUne légende prétendait qu'ils dévoraient les iiommes. Mais ils furent anéantis par les animaux domestiques des colons blancs. Les rares survivants cohabitent dans les memes nids avec les Pétrels. C'est un cousin des ancetres des lézards.NDERSON, qui accompagnait le capitaine Cooit lors de son troisieme voyage, en 1777, entendit pour ta premiere fois prononcer le nom de Tuatera par un indigene d e Nouvelle-Zélande, parlant de divers reptiles de son pays.Il retint surtout de cette conversation que certains lézards de la contrée étaient énormes, mesuraient plus de huit pieds, dévoraient des hommes a l'occasion, habitaient des cavernes oil on les tuait en incendiant le seuil.Dans la suite, d'autres voyageurs rapporterent des histoires semblables. Ce ne fut, cependant, qu'en 1831 qu'un Tuatera put etre observé par un naturaliste professionnel John Edward Gray, au British Museum.La bete avait a peine ia longueur du bras. Le savant ne l'examina pas moins avec un puissant intéret. Le spécimen était entierement nouveau, a tous points de vue. Il fallait, avant tout, lui trouver sa place dans la nomenclature. Gray le classa dans l'ordre des lézards, et créa, pour lui seul, un genre et une espece 32 nouvelle, qu'il baptisa Sphenodon punc-tatus. Puis 11 se mit a l'étudier.DÉCIMÉS PAR LA CIVILISATIONCETTE époque, les grandes expéditions maritimes se multipliaient. iiHi La Nouvelle-Zélande, qui "i* ne s'appelait encore que la Terre de Cook , commençait d'etre mieux connue. Dans les ouvrages de géographie du temps, on pouvait lire qu'elle ne contenait pas d'autres animaux que des rats ou des chiens, introduits par les étrangers et que, s'il s'y trouvait des reptiles, ceux-ci étaient parfaitement inoffensifs. Quant aux anthropophages, ils existaient certainement. Mais ils étaient représentés par les seuls indigenes, les Maoris, guerriers tres féroces et belliqueux. Dans les memes temps, arrivaient les colons. Et, dix ans apres la découverte du Tuatera, la New-Zealand était proclamée colonie anglaise. Nous n'avons a commenter ici cet événement que dans ses rapports avec la Zoologie. Les nouveaux venus apportaient, avec leur civilisation, leurs animaux domestiques, chiens, cliats, porcs, volailles meme, tous ennemis mortels des malheureux sphénodons, privés de tous moyens de résistance contre ces envahisseurs, amateurs de chair fraîche. Us furent promptement décimés, disparurent en un instant des deux grandes terres, ne trouverent de refuges que dans les petits Ilots inaccessibles de ia cőte ou, par singulier hasard, ils reçurent asile chez les seuls occupants du lieu, les Pétrels, dont ils partagerent le nid, sans dommages, semble-t-il.Quand on les y découvrit, ils y étaient encore assez nombreux, quoique tres diminués, pour permettre d'en approvisionner les établissements scientifiques, curieux de les connaître, apres le peu qu'on en avait entendu dire. Et c'est ainsi qu'on en put voir notamment a notre Jardin des Plantes, autour des années 1850.UX memes dates, bien entendu, on en avait reçu des exemplaires au British Muséum Pré-cisión importante, car, en ce haut lieu des Sciences, au zoologue I J. E. Gray, venait de suc-I céder le zoologue A. C.Gunther. Et, en ce moment, A. C. Gun-ther était en train d'assourdir tous ses collegues par des clameurs de surprise, de triomphe, de protestation et d'émerveillement ! Non ! s'écriait-il, le Sphénodon n'est pas un lézard, et encore moins un lézard nouveau 1 C'est, au contraire, l'ancetre lointain de tous les lézards et meme, je crois bien, de tous les Reptiles. En tout cas, l'un des plus primitifs d'entre eux, leur premiere ébauche I Car il a gardé des caracteres qu'ont perdus ses descendants et qu'on retrouve chez ce survivant fabuleux qui a sauté pardessus les eres primaire, secondaire, tertiaire, pour arriver d'un bond, intact, jusqu'a nous 1 Voyez, mais voyez donc, ce crâne, ces mâchoires, ces cőtes, ces vertebres ! Voyez surtout ce troisieme oil qui s'ouvre sur sa nuque, et dont les lézards n'ont gardé qu'un Incertain souvenir 1Comme tous les découvreurs d'un fait tres longtemps ignoré, l'enthousiaste professeur disait vrai. Mais il disait meme trop vrai et son imagination dépassait la réalité. Pour remettre les choses au point, Il faut bien reconnaître que le Tuatera est resté tres semblable aux types reptiliens primitifs qui étaient communs il y a 150 ou 200 millions d'années et est demeuré tout seul de ce modele, sans etre parvenu cependant jusqu'a nous sans le moindre changement.MAIS IL A LA VIE DURE==1EL qu'il est, il est un^pHphénomene unique, mé-Hritant largement ia pro-tection absolue qu'on a Hfini par lui accorder. Elleserait a peine suffisante Hs'il n'avait mis du sien SIpour se préserver de sesennemjs. Détail curieux, le pire d'entre eux est peut-etre la chevre, parce qu'elle ravage les plantes ou vivent les insectes et les vers dont il fait son aliment.On peut espérer qu'il tiendra longtemps encore, car on n'a pas fini de l'étudier. Heureusement, il est d'une constitution solide et les rares exemplaires qu'on a pu observer en captivité y ont vécu longtemps, vingt, vingt-cinq ans et plus.Scénario et dessins de MAS.