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LES SEPT KATCINAS
SU/TE DE LA PAGE 6S l'Arizona, chevauchaient sept étranges cavaliers. Oui, en vérité sept étranges cavaliers, vetus de safran, de jaune, de rouge et de vert. Ils portaient le classique vetement des cow-boys du Sud et les pistolets-a-tuer-les-serpents dans la ceinture, et les éperons a mollettes d'argent et le grand som-brero-a-chasser-les-mouches. Mais ce n'étaient pas la des gens ordinaires. Us étaient resplendissants de jaune, de safran, de rouge et de vert.
Ils étaient invisibles quand ils voulaient et ils étaient visibles pour qui ils voulaient. Ils se déplaçaient, s'il leur 94 chantait, a la vitesse du vent.
Conte de Jean Ollivier. Illustrations de Jean Marcellin.
C'étaient des esprits familiers et bienveillants qui
Ils mesuraient deux pieds de hauteur a peine. Ils avaient le teint doré comme un mais mur et la peau lisse et fraîche, mais ils avaient mille et mille ans d'âge car ils étaient aussi vieux que les roches et le sable, aussi vieux que le cactus et le vent. Le temps d'ailleurs, n'avait pour eux aucune importance, aucune signification.
C'étaient les sept Katcinas
l^EPUIS toujours ils étaient les bons génies du Sud. Les anciens Peaux-Rouges les connaissaient bien qui leur avaient donné le nom de Katcinas. Ceux qui vivent dans le feu de la Vie.
pouvaient épouser n'importe quelle forme. Ils étaient sept qui commandaient a la pluie, au sable, a la graine de mais, au vent, aux reves des hommes et a bien d'autres choses encore. LesWichitas, les Tawakonis, les Hopis, les Coyoteros, les Papagos et les Mohaves ( I) en parlent beaucoup dans leurs récits.
Les Katcinas guidaient les hommes sur les pistes de chasse, aidaient aux récoltes et présidaient aux fetes et aux jeux, car ils avaient l'esprit tumultueux et inventif. Ils fabriquaient des masques ( I} Tribus indiennes du Sud-Ouest.
et célébraient les vertus des couleurs : Rouge qui flamboie a l'aurore de l'Est, Vert qui vient du Sud avec le vent des forets. Blanc qui est la griffe du Nord, Jaune qui chante a l'Ouest dans le couchant du soleil. Mais, quand les Blancsvinrent, tuant les vieilles légendes, les Katcinas se retirerent dans des lieux inaccessibles aux hommes.
Quelquefois cependant, il leur plaisait de se meler aux fetes. Ils se muaient a volonté en marins, en voyageurs de commerce, en jongleurs, en vendeurs d'onguents et en guérisseurs de chevaux. Us allaient, tantôt visibles et tantôt invisibles.
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