Bővebb ismertető
ALA BEGHEBCHE DES IMTROUYABLES
L'ECHIDNE
Un survivant des temps fantastiques
Le nom attribué en 1798 par Cuvier a cet etre surprenant est emprunté a celui de la mythologique Echidna, ml-femme, mi-serpent, qui donna naissance a l'hydre de Lerne, au lion de Némée, au Sphinx, et autres fabuleux personnages de détestable réputation.
S'il est presque aussi incroyable qu'eux, du moins est-H a peu pres inofîensif. iVlais, que voulez-vous ? Il a le tort de ne ressembler a personne et de paraître bâti de pieces et de morceaux empruntés au hasard a plusieurs especes différentes. Aussi c'est de malfalsance qu'on l'accusa d'abord avant d'avoir pris le temps d'observer ses mours. N'avait-on pas cru remarquer qu'il portait, comme l'ornithorynque, son compatriote, un ergot postérieur, pointu et courbé, relié a un canal débouchant d'une glande, qui ne pouvait etre que gonflée d'un venin mortel ? En réalité, cet appareil existe bien chez les mâles du groupe, mais on ne sait pas tres bien quand ils s'en servent et sa piqure ne paraît pas dangereuse, pour l'homme du moins.
Un bec étrange Pourtant, on s'irritait de l'invraisemblance du nouveau venu. Que signifiait cette minuscule tete ronde tout a coup terminée par un bec en forme de tube, ouvert seulement a i'extreme bout, juste pour laisser passer une langue pareille a un long ver visqueux, fait pour plonger dans les termitieres, ou les nids de fourmis, en engluer les habitants et les ramener en arriere pour les engloutir ?
Quand on connut mieux le phénomene, on s'aperçut qu'il ne voulait de mal a personne, et une fois son appétit satisfait, ne demandait qu'a dormir, indifférent a ce qui se passait autour de lui, confiant dans la protection de ses piquants, faits de poils agglomérés en épines, qui le rendent pratiquement insaisissable. En effet, menacé, il se contente de creuser, en un instant, un 32 creux a la mesure de son corps ovale ou il
iiiiinmiiiiiiniiiiiiiinunninuimiiiimiiMt||j
Il fut accusé ai tort On vit un| échidné porterf sur son dos un| divan. Il regle a| volonté sa pro-| ipre température, j
ifuninniiiiHiiinniiiiiiiiiniMiininiiiinuinii
allonge son ventre, ne laissant a la surface que son hérissement agressif. L'opération demande de fortes griffes, car elle est tres rapide. IVIais, la encore, l'Echidné n'est pas construit comme tout le monde. Ses pattes, tres robustes, sont anormales, les antérieures surtout. La main n'a qu'un pouce presque atrophié, mais le second doigt est iong et maigre, et prolongé d'un ongle démesuré, servant de gratte-dos jaour aller fourrager la vermine, embusquée sous les piquants.
La force musculaire de la bete est une autre de ses étrangetés. Elle en a donné des preuves ahurissantes a ses premiers observateurs.
L'un d'eux qui avait réussi, chose d'ailleurs facile, a apprivoiser un spécimen de l'espece ('élevait dans son appartement, comme un compagnon familier. Un jour, ne le trouvant plus et le cherchant en vain, il éprouva soudain l'extreme surprise de voir un gros divan cheminer sur le parquet C'est l'ÉchIdné qui s'était glissé dessous, y avait sans doute empetré sa défroque pointue et, voulant se dégager, courait en entraînant dans sa fuite l'énorme masse de bois, de crin et de cuir, dont tout autre de sa taille aurait été écrasé.
Un demi-siecle de recherches • Restait a résoudrele probleme des oufs. On en parlait depuis ia découverte de l'ani-
mai, mais nul n'y voulait croire. Ce ne fut qu'apres plus d'un demi-siecle de recherches et de discussions, que Cadwell constata la vérité. Elle lui parut si extraordinaire qu'il l'annonça par télégramme a la Royal Society 1
Cet ouf, unique, est enveloppé dans une coquille parcheminée, l-a mere le dépose dans une poche provisoire qui s'est formée dans la peau de son ventre et l'y couve au chaud. Quand le jeune éclot, il déchire lui-meme la coque. Mais il ne paraîtra au jour que plus tard, quand ses piquants seront devenus Insupportables a la porteuse. On observe d'autres singularités chez ces betes paradoxales. Cela tient a ce qu'elles ne sont que tout juste des Mammiferes, encore tres voisines des Reptiles, dont elles sont les descendantes relativement proches. Ainsi, tandis que, chez les especes normales, la température interne du corps ne varie pas, qu'il fasse plus chaud ou plus froid dehors, elles sont sensibles a ces changements et s'efforcent de ies suivre en partie. De sorte qu'elles n'en peuvent supporter les exces et meurent bientôt si elles ne savent trouver un abri contre la gelée ou le gros soleil. Par contre, l'élevage des Échidnés n'est pas difficile en captivité, dans les conditions ordinaires. Ils ne sont pas exigeants, passent le meilleur de leur temps a dormir. On les nourrit sans peine d'insectes, vers, oufs, sang caillé, viande hachée, etc. Et s'il survient une période de famine, ils ont l'art d'apaiser longtemps leurs crampes d'estomac en l'emplissant de sable I Avec de meilleurs soins, on a pu conserver l'un d'eux plus de trente ans Ce qui n'empeche pas qu'ils disparaissent aujourd'hui d'un monde qui n'est plus fait pour eux. Mais n'est-ce pas encore un fait extraordinaire de cette race extraordinaire que, née au temps des diplodocus et des ptérodactyles, elle ait toujours, a l'âge atomique, des représentants vivants ? RenéTHËVENlN