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AVANT-PROPOS
Depuis que Jules Renard notait dans son Journal, en 1905, a la mort d'Alphonse Allais: On s'amuse a dire que c'était un grand chimiste. Mais non ! C'était un grand écrivain. Il créait a chaque instant ;
depuis que Sacha Guitry écrivait : C'était un homme extraordinaire par son intelligence, par son esprit, par son talent — auquel il faudra bien rendre Justice un jour, je veux le croire ;
depuis qu'Alfred Jarry avait tracé d'un trait l'avenir d'Alphonse Allais dans VAlmanach du pere Ubu, en 1899 : Allais (Alphonse), celui qui ira ;
depuis ce temps-la qu'avons-nous fait ?
Bien sur, nous ne l'avons jamais oubhé. On peut meme assurer qu'Alphonse Allais est un des rares écrivains qui n'ait pas subi ce fameux « purgatoire » auquel 'ils seraient plus ou moins condamnés d'avance.
En 1910, cinq ans apres sa mort, la ville d'Honfleur pose une plaque sur la façade de sa maison natale. Trente ans plus tard, André Breton, dans VAnthologie de l'humour noir, situe son imagination poétique entre celle de Zénon d'Élée et celle des enfants.
Mais sur la plaque dé sa maison natale, Alphonse Allais est qualifié d'« écrivain humoriste » ; et Breton constate qu'avec lui et son ami Sapeck, la « mystification [ ] s'éleve [ ] a la hauteur d'un art ».
A cela Jules Renard répondait d'avance : Oui, mais quelle doit etre la vie d'Allais ! Il faut qu'il garde toujours son air abruti, qu'il se laisse taper sur le ventre, qu'il écoute sans broncher les « Est-il rigolo, ce type-la » du premier venu.
Ses concitoyens — qui, en 1910, l'avaient personnellement connu — et André Breton, n'étaient pas les premiers venus.
Maurice Donnay remerciait Allais d'avoir pendant quinze années