Bővebb ismertető
Nous allons violer un tabou. Nous allons parler d'intellectuels. Comme nous parlerions de marins-pecheurs ou de coureurs cyclistes : sans désinvolture et sans courbettes, avec le souci de l'information exacte, avec derriere nous une enquete patiente. Nous n'allons pas parler des purs producteurs d'idées, mais de cette catégorie d'intellectuels qu'on nomme, faute de terme français adéquat, l'intelligentsia. C'est-a-dire le milieu étroit, fermé et puissant des hommes et des femmes qui occupent les carrefours stratégiques; ils sont les « agents de la circulation » entre l'Université ou ils pesent, l'édition qu'ils orientent, et les médias qu'ils investissent. Reconnus par leurs pairs, ils ont réussi a briser le cercle de leur spécialité et a opérer la jonction avec le grand public. Ce sont les « intellocrates ».
Ce livre n'est pas un essai mais un reportage. Une promenade fureteuse, une expédition par moments acrobatique. Nous ne nous sommes pas contentés de dépouiller des textes, nous nous sommes portés vers nos personnages, nous les avons saisis en chaire et a table, chez eux et dans la rue. Nous les avons questionnés par oral et par écrit Et nous relatons ici les enseignements de ce voyage. Notre propos est d'évaluer le pouvoir social des intellectuels, non de dresser l'inventaire des idéologies en cours. Il est de montrer, de dévoiler le fonctionnement d'une société a bien des égards secrete et jalouse de ses secrets, de la contraindre ainsi a plus de transparence. Ceux qui
1. Lire p. 329 la liste des personnes interviewées. Toutes Les citations dépourvues de référence sont extraites d'entretiens avec les auteurs.
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