Bővebb ismertető
INTRODUCTION
L'ouvre dont nous donnons ici la premiere traduction en français — et meme la premiere traduction tout court — est-elle sérieuse ou frivole, divertissante ou instructive, innocente ou lascive ? Tout cela a la fois fort prohablement. Car la verve légere, la verdeur émoustil-lante qui sont les marques traditionnelles des littératures erotiques de l'Orient ne doivent pas nous faire oublier l'importance extreme de la place qu'occupe le présent ouvrage dans l'histoire littéraire. Jamais jusque-la (nous sommes au début du XIII'' siecle, il y a donc plus de sept cents ans de cela !) on n'avait parlé des choses de l'amour avec cette audace, cette liberté de ton et ce souci de documentation. Jamais surtout on n'en avait parlé avec tant de talent.
Cela mérite qu 'on s'y arrete un peu. La pudibonderie, quoi qu'on dise, est la regle en littérature — comme au reste dans les arts en général. La liberté d'appeler les choses par leur nom mais .surtout de s'adresser directement a la sensualité du lecteur, si fréquente soit-elle a certaines époques (encore faudrait-il y regarder a deux fois), est forcément l'exception. Faut-il s'en plaindre ? Oui, lorsqu'au nom de la pudibonderie (ou le plus souvent au nom de tel grand principe, car Ton n'ose guere .se dire ouvertement cagot) on s'emploie a réduire par la contrainte ou par l'intimidation la part minoritaire de liberté qui malgré tout réussit partout et toujours a survivre. La cen.sure, hélas, est de toutes les