Bővebb ismertető
Note de V auteur
Avant de commencer cette promenade a travers l'histoire et les chefs-d'ouvre de l'Ermitage, je tiens a remercier la Conservation du Musée pour l'accueil qu'elle m'a réservé et particulierement Mmes Femit-chova, Grigorieva, Edovina et Kamensckaya qui ont bien voulu m'aider dans mes recherches. De nombreux ouvrages m'ont été utiles, auxquels je dois des informations et des remarques précieuses. Je ne saurais les citer tous. Je veux pourtant mentionner principalement les livres auxquels j'ai eu recours le plus souvent : les catalogues du Musée, rédigés par Somof et par Benois, les études récemment parues de Charles Sterling sur la peinture française a l'Ermitage et de Germain Bazin sur les autres écoles, les travaux de Georges Isarlo et les publications de Louis Réau, documentation de base sur la formation des collections russes. Enfin je tiens a signaler deux volumes qui n'ont pas quitté ma table de travail : l'important « catalogue des peintures du département de l'art occidental du Musée de l'Ermitage », publié en 1958 par le directeur du Musée, M. Levinson-Lessing.
Nous tenons enfin a remercier M. Charles Feld, des Editions Cercle d'Art, qui a mis a notre disposition sa documentation photographique.
P. D.
A Petrograd le 25 octobre 1917, un peu apres neuf heures du soir, du couvent Smolny qu'il occupait avec les bolcheviks, Lénine lança l'ordre d'attaquer le Palais d'Hiver. Les canons de la Forteresse des Saints-Pierre-et-Paul commencerent a tirer a blanc, puis les pieces des assaillants alignées sur la place et sur le quai, enfin celles du croiseur « Aurore », ancré sur la Néva. Au Palais d'Hiver, ou siégeait le Gouvernement provisoire, il n'y eut guere de résistance, a part celle des junkers et du bataillon des femmes. A trois heures du matin, tout était fini. Le gouvernement avait été renversé. Les gardes rouges ne faisaient plus le siege, les gardes rouges n'étaient plus des troupes d'assaut, les gardes rouges étaient devenus corps de garde. Sans doute les veilleurs étaient-ils postés la, moins pour protéger la demeure des tsars que pour garder les trésors inestimables qu'ils contenaient : tableaux, dessins, sculptures, gravures et objets d'art : propriété nationale. En une nuit le Palais d'Hiver et les Ermitages, ses annexes, avaient perdu toute signification politique pour ne plus conserver que leur renommée dans le monde des arts. Désormais, on ne viendra plus y chercher les ordres qui décident de l'avenir du pays : seul le passé de la Russie sera présent dans ces murs et, avec lui, les trésors de l'art et de la pensée du monde entier.
Depuis lors, Petrograd n'est plus la capitale ; les ambassades ont quitté leurs palais ; le sort de l'U.R.S.S. se décide a Moscou ; mais Leningrad n'a rien perdu de son rayonnement. Il faut voir la foule sur le quai de la Néva, les cars de touristes russes ou étrangers rangés devant la façade : en U.R.S.S., le présent n'a pas fait oublier le passé. On compte qu'environ un million et demi de visiteurs entrent chaque année au Musée. Les étrangers y trouvent des guides polyglottes et c'est le spectacle habituel des groupes de touristes qui, au rez-de-chaussée, regardent et photographient avidement, au premier étage