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On -s/a öoüs tnettre peíisiotttiaires IJEANNE, onze ans. LOUISE, neuf ans.Dix lieures du soir. Couchées dans lenrs petits lits, qui sont placés Vun a droite de la cheminée Vantre a ganche, les fLllettes ne bougent point. Dans la chambre voisine, dont la -porté est tout contre, la gouvernante allemande Rosa ronfle avec jorce et ponetualité. On n'en-tend pas autre chose. Mais voila qu'au bout de cinq minutes une plainte étouffée, une plainte d'oiseau part d'un des petits lits, du lit de feanne, Vaínée.louise, qui ne dormait pas et qui se dresse sur son séant. C'est toi, Jeanne? jeanne, entre deux gros soupirs. Oui. louise. Tu pleures? jeanne. Oh ! oui. louise. Faut pas. jeanne. Si. Oh! si il faut. louise. Pourquoi tu pleures? jeanne. Pasque. louise. Pasque quoi? jeanne. Pasque papa et maman ont dit tu ne sais pas ce qu'ils ont dit, toi? louise. Non. J'y éfais pas. jeanne. Si tu savais, tu pleurerais aussi.louise. Non. Je pleure jamais.jeanne. Si. Cette fois, tu pleurerais,sűr!louise. Qu'est-ce qu'ils ont dit ? jeanne. Ils ont dit C"était tantöt dans la salle á manger oü j'étais cachée a cőté ils ont dit : Ces pauvre petites, elles ne se doutent pas qu'on va les mettre pensionnaires! Les pauvres petites, c'est nous, comprends-tu ?louise. Je comprends bien. jeanne. Alors j'ai j'ai du cha-grin. Pas toi?louise. - Pas beaucoup. Et puis, que veux-tu? Puisqu'il faut aller en pension, il faut!jeanne. Ah bien, non! merci! Moi, je ne raisonne pas comme 5a Ah mais non! 5a n'est pas fait! Je voudrais bien. voir!louise. Allons ! ne sois pas mauvaise. jeanne. Je ne veux pas etre pen-sionnaire.louise. T'auras beau grogner. Qa sert á rien.jeanne. Je ne veux pas étre pen-sionnaire. Je veux rester demi.louise. Mais, puisque papa et maman veulent que nous le soyons tout á fait! Ils sont les parents!jeanne. Des jolis parents! oh la lá! qui se débarrassent de leurs petites filles,.