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PRÉFACE
Il serait aujourd'hui superflu de présenter Erskine Caldwell aux nombreux lecteurs français qui, au bel « âge du roman américain », dévorerent La Route au tabac et Le Petit Arpent du Bon Dieu dans la meme fringale de sensations et de réalisme que les romans de William Faulkner, John Steinbeck ou Richard Wright A ceux que lasse la pâture de violence et de sexualité qui passe pour représenter l'américanité en littérature, il n'est pourtant pas inutile de rappeler quelques commencements : Le Bâtard est l'un de ceux-ci.
Depuis 1929, en effet, l'ouvre de Caldwell a terriblement proliféré : trente romans, plus de cent cinquante nouvelles, une quinzaine de volumes de reportages et d'essais, tout un monde grouillant et multiforme nous sollicite, dont émergent mal les piliers sur lesquels repose la réputation du romancier : La Route au tabac, Un p'tit gars de Géorgie, Le Petit Arpent du Bon Dieu, Bagarre de juillet, Nous, les vivants, c'est-a-dire, avec la notable exception de Miss Marna Aimee, essentiellement sa production de l'entre-deux-guerres.
Et il y a dans cette foret inégale beaucoup de bois mort dont le volume cache parfois quelque arbre vigoureux, tel Le Bâtard dont on peut se demander quel étrange hasard nous a empechés jusqu'alors de le