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MADEMOISELLE MARIE DUPLESSIS
Il y avait en l'an de grâce 1845, dans ces années d'abondance et de paix ou toutes les faveurs de l'esprit, du talent, de la beauté et de la fortune entouraient cette France d'un jour, une jeune et belle personne de la figure la plus charmante, qui attirait a elle, par sa seule présence, une certaine admiration melée de déférence pour quiconque, la voyant pour la premiere fois, ne savait ni le nom ni la profession de cette femme. Elle avait en effet, et de la façon la plus naturelle, le regard ingénu, le geite décevant, la démarche hardie et décente tout ensemble, d'une femme du plus grand monde. Son visage était sérieux, son sourire était imposant, et rien qu'a la voir marcher, on pouvait dire ce que disait un jour Elleviou d'une femme de la cour : " Évidemment, voici une fille ou une duchesse
Hélas! ce n'était pas une duchesse, elle était née au bas de l'échelle difficile, et il avait fallu qu'elle fut en effet belle et charmante pour avoir remonté d'un pied si léger les premiers échelons, des l'âge de dix-huit ans qu'elle pouvait avoir en ce temps-la. Je me rappelle l'avoir rencontrée un jour, pour la premiere fois, dans un abominable foyer d'un théâtre du boulevard, mal éclairé et tout rempli de cette foule bourdonnante qui juge d'ordinaire les mélodrames a grand spectacle. Il y avait la plus de blouses que d'habits, plus de bonnets ronds que de chapeaux a plumes, et plus de paletots usés que de frais