Bővebb ismertető
par Olivier Dassault^u plus fort de l'été, lorsque chacun n'aspire qu'a la prolongation des beaux jours,le chasseur,a contre-cou-rant de la majorité, se languit des premieres brumes automnales et attend,impatiemment,que la foret se couvre de cuivre et d'or. Ce rendez-vous annuel tant attendu, ces promesses toujours renouvelées dont l'ouverture est synonyme, comment ne pas voir qu'ils seront, cette fois-ci,moinsjoyeux,moins insouciants,qued'habitude? Quel chasseur digne de ce nom saurait-il, en effet, rester indifférent a la catastrophe naturelle qui a dévasté, cet été,le biotope méditerranéen?A la suite d'imprudences coupables ou d'intentions criminelles impardonnables, quelque 50 000 hectares de foret ont été réduits en cendres. Qu'ils soient humains, écologiques, cynégétiques, les dégâts sont considérables. A rebours des constructions humaines,dont onpeut toujours redresser,plvis ou moins rapidement, les ruines, la restauration des équilibres naturels, beaucoup plus fragiles, exige infiniment plus de temps. Certes, la foret méditerranéenne a toujours connu les incendies,mais rarement de cette ampleur. Espérons que par sa gravité la catastrophe de l'été2003 suscitera une salutaire remise en question de la politique d'aménagement du territoire, faute de quoi nous assisterons,démunis,aréternel retour des memes drames. Dans un milieu fermé, au relief escarpé, et insuffisamment entretenu, comme les massifs des Maures et de l'Esterel, le feu trouve des conditions optimales de propagation. Une politique préventive postule une concertation de tous les acteurs : forestiers,agriculteurs et chasseurs. En l'espece, l'intéret des uns et des autres rejoint l'intéret général : la sécurité et la préservation du patrimoine naturel.A rencontre d'un lieu commun, il n'existe pas ou plus, en France, de paysage entierement naturel, de foret primaire. Depuis des siecles la foret est une patiente création de l'homme, qui ne cesse de l'entretenir et de la régénérer pour qu'elle ne redevienne pas un milieu hostile, sans intéret économique, cynégétique et écologique. A mesure que l'exode rural progresse, les friches gagnent du terrain, les bois cessent d'etre entretenus.Sans doute faut-il remédier a ce mouvement néfaste, inciter les sylviculteurs a exploiter la foret comme autrefois, sans souci de la rentabilité a court terme, fa-voriser le reboisement en essences résistantes au feu, percer des clairieres; tout comme l'on doit encourager les agricuheurs a développer les zones de pâturage, l'alternance des milieux ouverts et de la foret étant a la fois favorable au gibier et a la sécurité puisqu'elle constitue un coupe-feu naturel. A cet égard, certaines sociétés de chasse ont montré l'exemple et témoignent combien les chasseurs sont d'indispensables auxiliaires d'une saine gestion des équilibres naturels. On pense a Lançon-de-Provence, magnifique territoire ouvert, aux extraordinaires densités de perdrix rouges, auquel Jours de Chasse avait consacré un reportage.Assurément, ces mesures préventives ont pour contrepartie un cout économique qui n'est pas toujours a la portée des initiatives privées. De meme qu'elles impliquent une évolution des mentalités et une volonté a long terme qui exigent le soutien de l'Etat. En l'occurrence, celui-ci ne saurait se désintéresser d'un tel enjeu, tant la prévention se révele, au bout du compte, moins couteuse que la guérison C'est a ce prix, du reste, qu'une vraie politique de développement durable aura des chances de réussir. Cela dit, que la tonalité un peu grave de ces propos de rentrée n'altere pas le plaisir de découvrir ce treizieme numéro de Jours de Chasse. De la poursuite de l'isard dans les Pyrénées, en compagnie du chasseur passionné, et vigilant défenseur de la cause cynégétique a la Haute Assemblée, qu'est Ladislas Poniatowski, a la passée des diaboliques sarcelles du Mexique,de l'éprouvante traque de l'élan géant de Sibérie a la découverte du faisan vénéré, de la prose délectable de Gaston Phébus aux exploits légendaires du roi Victor-Emmanuel II, c'est une ouverture riche en couleur que nous vous proposons. En nous efforçant toujours plus - sensibles a l'intéret et a l'attachement que vous nous témoignez et que prouvent les tres nombreuses réponses au questionnaire inséré dans le numéro 11 de Jours de Chasse - de tirer la chasse vers le haut.