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INTRODUCTIONVers le bord du canal de Saint-George du cőté de Monmouth, dans la belle maison du comte de Bridgend, les bons vieillards Jacques Alfrede et Guillelmine sa femme, une heure apres la fin du jour, se tenaient assis devant le feu, lorsqu'ils virent entrer dans leur chambre un beau jeune homme, qui donnait le bras a une fort johe jeune femme. C'était le 15 du mois de février (vieux style) de l'année 1615. Ces deux inconnus eurent a peine fixé leur vue sur les vieillards qu'ils arreterent leurs pas ; mais une minute apres ils s'écrierent : Ce sont eux-memes, et il ne faut pas en douter. En prononçant ces mots, ils coururent a eux et, se jetant a leurs pieds, ils se livrerent aux plus tendres transports, les embrasserent a plusieurs reprises, et les inonderent d'un torrent de larmes que la joie qu'ils ressentaient leur faisait verser. Jacques et Guillelmine, étonnés et surpris des transports de deux personnes qu'ils ne connaissaient pas, arreterent la fougue de leurs caresses en se levant. Apres avoir examiné avec la plus grande attention le beau couple, c'est ainsi que le vénérable vieillard Jacques leur adressa la parole :jacques : Eh ! qui etes-vous donc, vous qui nous surprenez avec des marques d'une affection si extraordinaire et qui, seuls et inconnus, entrez ainsi dans notre maison ? Qui vous a donné notre adresse ? D'oii venez-vous ? Que voulez-vous ? Informez-nous bien vite de tout ceci, et faites-nous revenir de notre juste surprise, ou partez, puisque nous ne sommes que trop accablés de craintes et de soupçons dans les circonstances de ce temps, oii l'on prétend que la derniere conspiration a été tramée par les catholiques, d'ou procede l'exil des pauvres jésuites. Si vous croyez en trouver chez nous, vous vous trompez. Eh bien ! parlez donc. Ai:'