Bővebb ismertető
Je suis née au Bugue, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Sarlat, le 30 septembre 1806. Mon arrivée s'étant fait attendre plus d'une semaine, mon pere était allé a la chasse pendant que ma mere mourait en me mettant au monde. Il revint d'ailleurs bredouille, son chien ayant l'art d'épouvanter les lievres plus que de les retrouver.Etant le plus jeune des fils Gontier, il avait reçu en se mariant sa part d'héritage. Il mit peu de temps a la perdre en l'investissant dans de prétendues cargaisons que des navires bordelais devaient transporter aux îles. On lui annonça bientőt qu'un des navires avait sombré corps et biens, puis que la compagnie avait fait faillite. Son associé disparut rapidement. Un accident de chasse évita a mon pere de connaître l'étendue de sa mine et d'apprendre de cruelles vérités sur le commerce, ses lois et les fripouilles qu'on y rencontre.Dans cette branche de la famille, on est plus doué pour la chicane que pour le négoce. On le sait, les maures se ruinent en noces, les juifs en pâques, les chrétiens en proces. Nous sommes de ces chrétiens-la.Je restai orpheline a l'âge de trois ans, avec pour héritage de beaux cheveux noirs, un petit bois de châtaigniers et une métairie hypothéquée, Lîz Meyro-lie, située au-dessus du bourg de Mauzens et en bordure des terres de Fontbrune.FAYARD