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A MADAME GEORGE SAND Mada ME, Voici ce petit livre que vous avez lu. A moti grand regret, je le publie sans y rien changer, c'est-á-dire avec toutes les inexpériences qui peuvent trahir une ceuvre d'essai. De pareils défauts m'ont paru sans reméde : désespérant de les corriger, je les constate. Si le livre était meilleur, je serais parfaitement heureux de vous l'offrir. Tel qu'il est, me pardonnerez-vous, Madame, comme au plus humble de vos amis, de le placer sous la protection d'un nom qui déjá m'a servi de sauvegafde, et pour lequel j'ai autant d'admiration que de gratitude et de respect? Eug. Fromentin Paris, rtovembre 18621
" Certainement je n'ai pas á me plaindre - me disait celui dont je rapporterai les confidences dans le récit trés-simple et trop peu romanesque qu'on lira tout á l'heure - car, Dieu merci, je ne suis plus rien, á supposer que j'aie jamais été quelque chose, et je souhaite á beaucoup d'ambitieux de finir ainsi. J'ai trouvé la certitude et le repos, ce qui vaut mieux que toutes les hypothéses. Je me suis mis d'accord avec moi-méme, ce qui est bien la plus grandé victoire que nous puissions remporter sur Pimpossible. Enfin, d'inutile á tous, je deviens utile á quelques-uns, et j'ai tiré de ma vie, qui ne pouvait rien donner de ce qu'on espérait d'elle, le seul acte peut-étre qu'on n'en attendit pas, un acte de modestie, de prudence et de raison. Je n'ai donc pas á me plaindre. Ma vie est faite et bien faite selon mes désirs et