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L
FRANÇOIS COPPÉE.
(1842—1908.)
MORTE EN MER.
Aus: Longues et Breves. 5
Il y a quelques années, j'ai passé plusieurs se-
maines dans un village marin de la côte bretonne.
Quel trou, mais si pittoresque! Un mauvais échou-
age pour dix bateaux tout au plus; une seule rue,
tres escarpée, pareille au lit d'un torrent, et, la- io
haut, sur le premier plateau de la falaise, l'église,
bijou gothique, au milieu du cimetiere plein de folle
avoine, d'ou l'on domine l'Océan. Me trouvant
bien pour travailler, je m'étais attardé dans ce coin
jusqu'a la fin du mois de septembre, qui, par une i&
chance assez rare dans le pluvieux Finistere, fut,
cette année-la, exceptionnellement doux et pur.
J'occupais, dans l'unique auberge du lieu, une
grande chambre blanchie a la chaux, sommaire-
ment mais proprement meublée, dont la fenetre 20
s'ouvrait sur le large. Assis sur une chaise de paille
devant une table de bois blanc, j'ai composé alors
tout un poeme au bruit solennel et berceur des
grandes lames qui semblaient me redire sans cesse
que le rythme est une loi de la nature.
Mais on ne peut toujours faire des vers et écrire,
et la promenade a pied était mon hygiene et ma
distraction. Le plus souvent, je m'en allais le long
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