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DE L'IMPRESSIONNISME AU FAUVISME
Georges braque est né le 13 mai 1882 a Argenteuil, maintenant enlaidi d'usines et absorbé dans la banlieue de Paris, alors riant village des bords de Seine ou canotiers et rapins se retrouvaient dans les guinguettes, qui venait d'etre, autour de Monet y résidant de 1872 a 1878, le centre créateur des impressionnistes. La villa, sur l'autre rive, que l'on désignait a ses regards d'enfant — ses plus lointains souvenirs — c'était celle de leur mécene et collectionneur Caillebotte. Originaires de l'endroit, et non de Normandie comme il est souvent indiqué, son pere et son grand-pere dirigeaient une entreprise de peinture en bâtiment et, a leurs moments de loisir, brossaient en amateurs, non sans talent, des études de plein air. Braque conserve pieusement, datant de cette époque, un paysage de son pere, une vue de Seine délicate et sensible, avec un pont et des bateaux, gris argent, d'un esprit corotien.
Vers 1890, la famille s'installe au Havre, ou son aisance s'accroît. Apres Argenteuil, foyer de son épanouissement. Braque, âgé de huit ans, rejoint ainsi le berceau de l'impressionnisme, la contrée de Boudin et de Monet, cette admirable région autour de l'estuaire de la Seine, parcourue par tant de peintres et dont il allait a son tour subir l'enchantement. Comme Monet, aux mornes contraintes de l'école, il préfere les joies du sport et de la vie physique, la nage, le canot, la bicyclette, la marche — plus tard la boxe — qui lui taillent un corps d'athlete. Sans etre replié ni sauvage, il se montre déja réservé, secret, méditatif, goutant les randonnées solitaires a travers la campagne, les longues reveries devant la mer, symbole de l'infini. Rien n'éveille mieux l'imagination des artistes que le spectacle d'un port, et celui du Havre, si pittoresque — dont tout le charme ancien n'existe plus, dévasté par la guerre, la ville entierement reconstruite —, le fascine, avec sa jetée construite en gros chene et ses nombreux