Bővebb ismertető
AVANT-PROPOS
Le domaine de l'énonciation s'est considérablement agrandi depuis les réflexions programmatiques de Benveniste et Jakobson a la fin des années 50, et l'on se trouve aujourd'hui devant un champ de recherches vaste et actif, certes, mais dont les diverses régions ne sont pas rigoureusement articulées les unes sur les autres.
Une telle situation a des conséquences d'ordre pédagogique : force est de constater qu'il existe un écart important entre le niveau de développement atteint par la recherche et son exploitation dans le cadre d'une pédagogie de la langue. L'enseignant se trouve des lors contraint a renvoyer ses étudiants a de multiples articles, d'acces plus ou moins aisé, meme pour des exposés tout a fait élémentaires. Cette carence a pour effet d'en inciter beaucoup a continuer a se référer systématiquement a des grammaires scolaires traditionnelles ; ils sont plus ou moins conscients que ces dernieres sont inadéquates mais pensent néanmoins qu'elles leur offrent une « base solide » et une synthese commode. C'est oublier que le principal défaut de ces manuels réside dans le découpage de la langue qu'ils operent, dans leurs présupposés, leur démarche. En fait, il ne s'agit pas tant de savoir si sur tel ou tel point ils disent des choses « justes », ce qui peut fort bien etre le cas, que de définir une problématique pertinente, un cadre capable d'intégrer certains acquis essentiels des travaux linguistiques récents. Peut-on encore aborder l'étude de l'indicatif sans se référer a l'opposition établie par Benveniste entre discours et récit ? Peut-on prétendre rendre compte de la spécificité de je ou tu en les rangeant dans la catégorie des « pronoms personnels » ?