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QUELQUES REMARQUES IMPORTANTES SUR ANTIGONE
Roland Purnal: « le reproche que j'adresse a M. Jean Anouilh porte avant tout sur l'esprit sommaire de son ouvre. Je l'accuse d'altérer le sens du drame qu'il souleve, de fausser le jeu des passions de la chose thébaine, de rabaisser ouvertement tout ce qui est grand par nature M. Jean Anouilh encanaille tout a loisir. J'en parle avec animation, car le cas^ de M. Jean Anouilh intéresse le théâtre. » (1944)^
Maurice Rostand: « Est-ce un chef-d'ouvre? Seul l'avenir peut en décider Ce que Je sais, c'est que pendant tout le temps que se joue AntJgone, il y a, autour de cette ouvre, exceptionnelle, la qualité de silence, la zone glacée, l'émotion qu'on éprouve au contact des chefs-d'ouvre. » (1944)
Georges Pillement: « Avec Antigone, Jean Anouilh a prouvé qu'il pouvait atteindre les registres les plus élevés de l'art dramatique et que cette atmosphere d'angoisse et de mystere qui enveloppe ses pieces il pouvait l'obtenir par les moyens les plus classiques, par l'art le plus dépouillé. » (1945)
Jean-Paul Bonnes: « Antigone est un authentique chef-d'ouvre. 11 y avait longtemps que la scene française n'avait été ébranlée par une action aussi purement tragique Antigont est la tragédie des etres qui ont le courage d'accepter la mort, et elle est aussi la tragédie de ceux qui mettent leur courage a savoir l'attendre quand la vie a perdu ses prestiges ou ses espoirs. » (1946)
Gabriel Marcel: « qu'on l'aime ou non, on ne peut pas ne pas reconnaître que c'est une des ouvres les plus fortes et les plus significatives du théâtre contemporain. » (1949)
Jean Mauduit: « En définitive, quand on a fait le tour de l'ouvre d'Anouilh, qu'on a vu ses imperfections humaines ou philosophiques, ou sociales, on en revient a se dire que ce qu'il y a de vraiment authentique, d'unique, d'inégalable, c'est ce grand cri d'angoisse de l'homme tout seul a côté des autres et de lui-meme, et qui se contente de le dire en termes de théâtre et qui le dit avec une rare puissance, avec une puissance a mon avis rarement atteinte. » (1949)
Serge Radine: « ce théâtre est essentiellement axé sur l'égocentrisme inhérent a la nature 1 de son auteur et sur la méconnaissance de l'autre. Dans toutes les pieces d'Anouilh, en effet, j un seul personnage compte réellement, celui qui est chargé d'exprimer la philosophie, la vérité du dramaturge. » (1950)
Pierre Brodin: « La piece d'Anouilh, saluée des sa premiere représentation comme une grande réussite, nous apparaît aujourd'hui, avec le recul des années, comme une ouvre d'un tres riche contenu dramatique, tout a fait dégagée de cette espece de romantisme qui alourdissait encore certaines scenes de Léocadia et d'Eurydice. » (19M)
Marguerite Jamois: « Pour moi, votre théâtre n'est jamais pessimiste, meme dans vos pieces noires, mais bien au contraire un théâtre d'amour. Vos créatures aiment la vie dans la mesure ou elles se révoltent et refusent le compromis, les déceptions, les concessions, l'horreur de la médiocrité. Vos héros sont exigeants. Pour eux, la vie n'est valable que s'ils gardent un cour intransigeant, sauvage et meme cruel. » (1959)
André Barsacq: « L'univers d'Anouilh est certainement un des plus cohérents, des plus poétiques que les hommes de sa génération nous aient proposés. » (1959)
Robert de Luppé: « Ant/gone, un an apres Eurydice, est l'aboutissement heureux et l'alliance des deux lignes de forces qui animaient jusqu'ici le théâtre d'Anouilh: Tenfance, préservée du domaine des hommes, et le destin, qui ordonne la nature des choses. » (1959)
Paul Ginestier: « La situation (en ligne droite) est par essence peu dramatique, elle exige donc de l'auteur un effort et une technique approfondis. Elle lui demande un véritable amour de la difficulté et du risque, puisqu'il faut des le début définir nettement le dénouement, donc tuer l'intéret des spectateurs et, ceci étant fait, il faut parvenir a les Intéresser. C'est ce tour de force que réussit Jean Anouilh dans Antigone. » (1961)