Bővebb ismertető
Avant-proposJe m'entends bien trop peu en psychanalyse pour me sentir vraiment en droit de préfacer le livre d'un psychanalyste. Mes opinions seront surement étroites, puisque je pars du seul point de vue de l'étude comparative des comportements. Mais cet avant-propos me donne l'occasion d'avouer un remords : pendant des années je nourrissais un violent préjugé contre la psychanalyse, en dépit de ou en raison de mes études de psychologue a Vienne, ville ou, au séminaire des professeurs Buhler et Pőtzl, j'eus beaucoup de contacts avec des psychanalystes. Ce qui me choqua vivement alors, c'est que les partisans de Freud étaient manifestement non ses éleves, mais ses adeftes. Ils le reconnaissaient ouvertement, ne parlant de lui que comme du maître et de ses déclarations que comme de révélations absolument indubitables. Or en science, le premier devoir de l'éleve et je le ressentais déja a cette époque est de soumettre a sa critique la leçon qu'il reçoit. C'est précisément quand le professeur est un grand génie et qu'il a découvert des connaissances nouvelles ou des interprétations nouvelles, qu'il est enclin c'est son droit et son privilege a surestimer les principes d'explication qu'il propose. C'est alors le rőle des éleves, des collaborateurs et des amis moins géniaux de surveiller d'un oil critique l'envol de son esprit pour lui épargner le cruel destin d'un Icare. L'attitude d'adoration qu'adoptaient devant leur maître tous les psychanalystes que je connaissais m'amenait, non sans raison, a dénier a la psychanalyse le caractere d'une science exacte. Ce jugement sévere me semblait confirmé par l'intolérance scientifiquement insoutenable que le psychanalyste oppose a toute source de renseignements sur le patient qui n'est pas la seule qu'il reconnaisse : l'entretien entre analyste et patient.